les cruelles

mme de bargeton

Madame de Bargeton

A côté des « anges du foyer » et des « Béatrice », La Comédie Humaine nous offre une longue série de portraits de femmes cruelles, ambitieuses, vaniteuses et infidèles. Ce sont elles qui font et défont les réputations, les ministères, les succès artistiques et financiers. Et ce sont elles encore qui réussissent à dilapider, en un temps très court,des fortunes amassées avec peine, aidées dans cette entreprise par des amants avides dont la devise pourrait être tirée des conseils que Mme de Beauséant prodigue au jeune Rastignac : « Plus vous calculerez froidement, plus vous irez de l’avant. Piétinez tout sans pitié, vous serez craine… Si vous avez un sentiment vrai… cachez-le comme un trésor, ne le laissez jamais filtrer, autrement vous serez perdu. De bourreau, vous deviendrez victime ».


Souvent, la femme du monde est à la fois victime et bourreau : victime de celui qui sait s’imposer à elle par ruse et perversion. ; bourreau dès lors qu’on est en adoration devant elle. L’égoïsme est le sentiment qui domine chez la sotte Madame de Bargeton, la muse vaniteuse de Lucien de Rubempré qui abandonne le poète à peine arrivée à Paris. Ce même sentiment se retrouve chez les filles du père Goriot qui, devenues grandes dames grâce aux sacrifices de leur père, le laissent mourir tout seul. Ou encore chez de très nombreuses femmes du monde ou demi-mondaines, comme l’anglaise lady Arabella Dudley qui s’occupe par caprice de l’initiation du naïf Félix de Vandenesse ; ou chez la comtesse de Vordac qui épouse le vieux comte de Marsay pour lui faire endosser la paternité d’un autre. Sans oublier les vraies mondaines, les « courtisanes » avec, en tête, les deux Gobseck, Sarah et Esther.

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