le paris de blazac

place de la concorde

Place de la Concorde au début du XIXe s.

 

 

boulevard montmartre

Boulevard Montmartre en 1827

 

le marché des halles

Le marché des Halles en 1845

 

 

On rencontre, dans toute l’œuvre de Balzac, et dans La Comédie Humaine en particulier, un personnage important que, cependant, aucune chronologie, aucun répertoire ne mentionne ; un personnage aux cent visage, dont la présence ne peut passer inaperçue : Paris.
Quand on pense au Paris du XIXe siècle, on l’imagine avec ses beaux palais, ses places somptueuses, ses larges avenues bordées d’arbres et parcourues par des voitures à chevaux. On revoit la Seine avec ses fameux « canotiers » et ses rives couvertes d’ombrelles immortalisées par tant de peintres. Les lieux les plus célèbres de la ville romantique reviennent à l’esprit : la Madeleine, la Concorde,les Champs-Elysés et l’arc de Triomphe…

Mais les héros balzaciens ne vivent pas dans cette ville-là. Le Paris de Vautrin, de Goriot, de Rubempré et de Rastignax est une ville aujourd’hui disparue, ou du moins dons le visage a beaucoup changé. Il faut aller au Musée Carnavalet ou à la Bibliothèque d’Histoire de la Ville de Paris pour retrouver les rues, les places, les petites maisons, les hôtels habités par les personnages de La Comédie Humaine. Mais, grâce à Balzac, nous conservons dans notre mémoire des coins de Paris dont nous n’aurions jamais soupçonné l’existence. Dans les premières années du dix-neuvième siècle, les carrosses ne pouvaient en aucune manière stationner devant Notre-Dame pour la simple raison qu’on abordait la cathédrale par une passerelle rendue inaccessible aux voitures. L’arc de Triomphe ne sera inauguré qu’en 1836 bien qu’on y travaillât depuis 1809.

Les rues larges et praticables semblaient à cette époque une telle nouveauté que lorsqu’en 1843, le préfet de la Seine Rambuteau en inaugure une, toute la ville crie au miracle ! Sur le fleuve, les péniches transportent des marchandises, du sable et des pierres. Les Champs-Elysées sont en pleine campagne, un endroit peu sûr où, à la tombée de la nuit, les voitures risquent à tout instant l’attaque à main armée. La place de la Concorde n’est jusqu’en 1834 qu’une esplanade coupée de fossés, encombrée de troncs d’arbres et de broussailles. L’obélisque n’y sera installé qu’en 1836. La Madeleine, en 1846 n’est encore qu’un chantier hérissé de palissades. De toutes parts, s’élèvent des maisons rongées de salpêtre et les ruelles en mauvais état sont envahies par l’eau… Un dédale de venelles humides et sombres qui, par temps de pluie, se transforment en ruisseaux et où, moyennant quelques sous, on offre aux dames de les transporter d’un trottoir à l’autre ; de véritables torrents rendent en effet la circulation difficile, même sur des passerelles improvisées qui tiennent lieu de ponts. Voilà le visage du « grand monstre moderne » de La Comédie Humaine, un figure à la fois colorée et vivante, celle « d’une monstrueuse merveille, étonnant assemblage de mouvements, de machines, et de pensées » dans lequel le nostalgique admirateur de Balzac aurait du mal à retrouver la très célèbre « ville-lumière ».

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